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Rentabilité réelle d'un Alojamento Local au Portugal en 2026 : cas concrets et calculs

Dernière mise à jour : 23 juil.

La plupart des annonces immobilières qui affichent une "rentabilité de 8 %" ou "10 % de rendement locatif" au Portugal sont trompeuses. Elles calculent sur du brut, ignorent la vacance saisonnière, oublient les charges opérationnelles réelles, et parfois même la fiscalité. Le rendement net qu'un investisseur touchera vraiment sur un Alojamento Local en 2026 est bien plus bas que ces chiffres marketing, mais il reste attractif à condition de partir des bons calculs.

  

Cet article prend trois biens types que nous voyons régulièrement dans nos dossiers clients, applique les vrais coûts opérationnels du marché en 2026, la fiscalité non-résident telle qu'elle s'applique, et livre le rendement net réel. Notre équipe exploite quatre biens en location saisonnière au Portugal à titre personnel, ces calculs correspondent à ce qu'on observe sur le terrain, pas à une projection théorique.

  

  

Ce qui compose un vrai calcul de rentabilité AL

  

Avant les cas chiffrés, posons la méthode. Un calcul de rentabilité AL sérieux part du chiffre d'affaires annuel prévisionnel et retire méthodiquement plusieurs postes.

  

Le taux d'occupation d'abord. Un AL en zone touristique correctement géré atteint 60 à 75 % d'occupation annuelle en 2026, avec de fortes variations selon la zone. L'Algarve premium tourne autour de 65-70 %. Le centre du Portugal côtier oscille entre 45 et 60 %. Coimbra en location étudiante saisonnière fait 55 %. Personne ne fait 90 % sauf sur du très haut de gamme avec une gestion professionnelle poussée.

  

Le tarif moyen par nuit ensuite. Il varie de 60 à 80 € pour un studio hors saison, 90 à 150 € en haute saison sur du bien standard, et peut monter à 200-300 € sur du premium en Algarve. La moyenne pondérée sur l'année tourne rarement au-dessus de 100 € pour un T1-T2 standard.

  

Les charges opérationnelles ensuite, et c'est là que la plupart des simulations mentent par omission. Ménage entre arrivées (45 à 80 € par changement, refacturé aux hôtes mais partiellement absorbé par la marge), commissions plateformes (Airbnb + Booking cumulés, environ 15 à 18 % du CA brut côté hôte), conciergerie ou co-host (15 à 25 % du CA si on délègue la gestion), consommables et petites réparations (2 à 4 % du CA), IMI annuel, assurance multirisque, wifi, énergie hors saison, taxe touristique municipale collectée pour le compte de la mairie mais générant une charge administrative.

  

La fiscalité enfin. Pour un non-résident exploitant en régime simplifié catégorie B, le taux effectif est de 8,75 % du CA (35 % du chiffre d'affaires imposable × 25 %). Un point souvent oublié.

  

Une fois tout retiré du CA brut, on obtient le résultat net avant financement. Divisé par le prix d'achat total (bien + frais), on a le rendement net.

  

Cas 1 : Studio à Albufeira, Algarve, 200 000 €

  

Bien type : studio de 40 m² à 500 m de la plage, meublé, prêt à louer, dans une zone touristique établie. Prix d'achat 200 000 €.

  

Budget total incluant les frais 2026 : IMT 7,5 % (15 000 €), Imposto do Selo 0,8 % (1 600 €), notaire et registre (1 200 €), avocat 1,25 % (2 500 €). Total 220 300 € tout compris, hors ameublement et démarches AL.

  

Prévisionnel de CA : Tarif moyen 95 €/nuit pondéré (haute saison à 140 €, basse saison à 60 €). Taux d'occupation réaliste 65 % (soit 237 nuits louées sur l'année). CA brut annuel : environ 22 500 €.

  

Charges opérationnelles :

 

  •  

  • Commissions plateformes (16 %) : 3 600 €

  •  

  • Ménage (100 changements à 60 €, dont 50 % refacturés) : 3 000 € nets

  •  

  • Conciergerie/co-host (15 %) : 3 375 €

  •  

  • IMI annuel : 500 €

  •  

  • Assurance, wifi, consommables : 900 €

  •  

  • Réparations et maintenance (3 %) : 675 €

  •  

 

Total charges : 12 050 €

  

Résultat avant fiscalité : 22 500 - 12 050 = 10 450 €

  

Fiscalité (régime simplifié catégorie B, 8,75 % du CA brut) : environ 1 970 €

  

Résultat net annuel : 8 480 €

  

Rendement net sur budget total (220 300 €) : 3,85 %

  

Sans conciergerie externalisée (gestion en direct depuis l'étranger, ce qui n'est pas recommandé mais possible pour un profil disponible), on récupère les 3 375 € de conciergerie, ce qui monte le net à environ 11 800 € et le rendement à 5,35 %.

  

Cas 2 : T2 à Porto périphérie, 320 000 €

  

Bien type : T2 de 70 m² dans le grand Porto hors centre saturé (Vila Nova de Gaia par exemple), copropriété récente, meublé et bien positionné. Prix d'achat 320 000 €.

  

Budget total : IMT (24 000 €), Imposto do Selo (2 560 €), notaire et registre (1 300 €), avocat 1,25 % (4 000 €). Total 351 860 €.

  

Prévisionnel : tarif moyen 115 €/nuit, occupation 60 % (moins qu'Albufeira car moins touristique année ronde mais plus stable). Soit 219 nuits, CA brut annuel environ 25 200 €.

  

Charges :

 

  •  

  • Commissions plateformes (16 %) : 4 030 €

  •  

  • Ménage (100 changements à 65 €, 50 % refacturés) : 3 250 € nets

  •  

  • Conciergerie (15 %) : 3 780 €

  •  

  • IMI annuel : 750 €

  •  

  • Charges copropriété (T2 avec ascenseur) : 1 200 €

  •  

  • Assurance, wifi, consommables : 1 000 €

  •  

  • Réparations (3 %) : 756 €

  •  

 

Total charges : 14 766 €

  

Résultat avant fiscalité : 25 200 - 14 766 = 10 434 €

  

Fiscalité (8,75 % de 25 200) : 2 205 €

  

Résultat net annuel : 8 229 €

  

Rendement net sur budget total (351 860 €) : 2,34 %

  

Ce cas illustre un piège classique : à Porto périphérie, le rendement AL net est décevant sur un T2 à ce prix. La location longue durée à l'année serait probablement plus intéressante ici, avec un rendement net autour de 4 à 5 %. Le saisonnier n'est pas systématiquement le meilleur choix.

  

Cas 3 : T3 en centre-ville de Coimbra, 180 000 €

  

Bien type : T3 de 90 m² dans un quartier proche des facultés (Solum ou Celas), immeuble des années 90 en bon état, adapté à la colocation étudiante mais exploité ici en AL mixte saisonnier/étudiants.

  

Budget total : IMT (13 500 €), Imposto do Selo (1 440 €), notaire et registre (1 200 €), avocat 1,25 % (2 250 €). Total 198 390 €.

  

Modèle mixte particulier : location étudiante d'octobre à mai (8 mois), location saisonnière juin à septembre (4 mois). Détaillons.

  

Période étudiants (octobre-mai) : colocation à 3 étudiants, 380 € par chambre, soit 1 140 €/mois. Sur 8 mois : 9 120 €.

  

Période saisonnière (juin-septembre) : tarif moyen 130 €/nuit, occupation 70 % sur ces 4 mois, soit environ 84 nuits, CA 10 920 €.

  

CA brut annuel total : 20 040 €

  

Charges :

 

  •  

  • Commissions plateformes (uniquement sur les 4 mois saisonniers, 16 % de 10 920) : 1 750 €

  •  

  • Ménage saisonnier (50 changements à 70 €, 50 % refacturés) : 1 750 € nets

  •  

  • Conciergerie (uniquement sur période AL, 20 % de 10 920) : 2 184 €

  •  

  • IMI annuel : 450 €

  •  

  • Charges copropriété : 900 €

  •  

  • Assurance, wifi, consommables : 950 €

  •  

  • Réparations (3 %) : 601 €

  •  

 

Total charges : 8 585 €

  

Résultat avant fiscalité : 20 040 - 8 585 = 11 455 €

  

Fiscalité : les revenus étudiants (bail longue durée simplifié) et AL sont traités différemment. En simplifiant : ~1 900 € cumulés (25 % catégorie F sur les loyers étudiants nets + 8,75 % catégorie B sur le CA saisonnier).

  

Résultat net annuel : 9 555 €

  

Rendement net sur budget total (198 390 €) : 4,82 %

  

C'est le meilleur des trois cas. La combinaison étudiants + saisonnier permet une occupation quasi continue sur 12 mois et neutralise la vacance estivale étudiante classique. Pour creuser ce marché, voir notre analyse dédiée à l'investissement à Coimbra.

  

Ce que ces trois cas nous apprennent

  

Trois enseignements ressortent clairement.

  

Premier enseignement : les rendements nets réels tournent entre 2 et 5 %, pas 8 à 10 %. Toute annonce ou simulation qui promet plus doit être vérifiée ligne par ligne. Dans 90 % des cas, le calcul cache une omission (fiscalité, vacance, charges plateformes, conciergerie).

  

Deuxième enseignement : le prix d'achat modifie plus le rendement que le CA. Le studio à 200 000 € en Algarve fait un meilleur rendement que le T2 à 320 000 € à Porto, malgré un CA absolu plus élevé pour le T2. Payer le bon prix à l'achat est plus important que maximiser le loyer.

  

Troisième enseignement : les modèles hybrides (étudiants + AL saisonnier) sont souvent les plus rentables. Ils lissent la vacance et exploitent une demande locative complémentaire. Ils demandent plus de gestion mais dégagent plus de net.

  

Les pièges qui plombent le rendement

  

Au-delà des chiffres, plusieurs pièges reviennent régulièrement dans les dossiers que nous reprenons.

  

Acheter dans une zone où la licence AL n'est pas garantie. Sans licence, pas d'AL, donc le calcul saisonnier s'effondre et il faut se rabattre sur du longue durée à rendement plus faible. La vérification en amont est indispensable, sujet que nous détaillons dans notre guide complet de l'Alojamento Local en 2026.

  

Sous-estimer les charges opérationnelles. Le trio ménage-conciergerie-plateformes représente typiquement 30 à 40 % du CA brut. Un investisseur qui ignore ce poste dans sa simulation se plante d'un facteur deux sur le net.

  

Financer par un crédit trop lourd. Les cas ci-dessus n'incluent pas les intérêts d'emprunt. Si le bien est financé à 70 % LTV, la mensualité de crédit vient encore réduire le résultat net. Pour un investisseur qui vise du rendement pur, l'apport élevé ou l'achat cash améliorent significativement le rendement net perçu. Voir notre article sur le crédit immobilier pour non-résidents pour l'arbitrage.

  

Oublier la valorisation patrimoniale. Le rendement locatif n'est qu'une composante du retour total. La plus-value potentielle à la revente, portée par la hausse des prix, s'ajoute au calcul sur l'horizon de détention. Sur un marché portugais qui a pris 17 % en 2025, la composante plus-value pèse lourd.

  

Comment nous calibrons un projet AL avec nos clients

  

Notre méthode d'évaluation d'un projet AL suit cinq étapes précises. D'abord, vérification de la faisabilité de la licence dans la commune et à l'adresse ciblée. Sans ce prérequis, tout le reste est théorique.

  

Ensuite, projection de CA basée sur des données réelles de la zone : tarifs pratiqués par des biens comparables sur Airbnb et Booking, taux d'occupation observés, saisonnalité locale. Pas d'hypothèse optimiste, seulement du benchmark terrain.

  

Puis chiffrage précis des charges opérationnelles selon le mode de gestion envisagé (délégué à un co-host ou géré en direct), et intégration de la fiscalité non-résident.

  

Ensuite, calcul du rendement net et comparaison avec les alternatives (location longue durée sur le même bien, autres biens dans d'autres zones).

  

Enfin, restitution honnête. Si le rendement n'est pas au niveau attendu, nous le disons. Nous préférons perdre un dossier que faire signer un investisseur sur des chiffres embellis. Nos packs d'accompagnement intègrent cette démarche de calcul et de vérification avant tout engagement.

  

  

FAQ : questions fréquentes sur la rentabilité AL

  

Quel rendement net peut-on espérer sur un Alojamento Local en 2026 ?

 

Entre 3 et 5 % net sur des biens bien positionnés et correctement calibrés, avec des pointes possibles à 6-7 % sur des cas atypiques (modèles hybrides, biens sous-cotés). Les 8-10 % promis par certaines annonces sont presque toujours des rendements bruts ou des calculs partiels qui omettent des charges. Un rendement net supérieur à 6 % doit être vérifié ligne par ligne.

  

Pourquoi le rendement AL est-il plus bas qu'on ne le pense ?

 

Parce que trois postes pèsent lourd et sont souvent oubliés : les commissions plateformes (15-18 % du CA côté hôte), la conciergerie ou co-host (15-25 % si délégation), et la fiscalité (8,75 % du CA en régime simplifié). Sans ces retraits, on obtient un rendement brut irréaliste. Avec, le net réel apparaît.

  

La conciergerie est-elle indispensable ?

 

Non, mais elle a un vrai coût d'opportunité. Un investisseur qui vit à l'étranger sans réseau local passera par un co-host, qui prendra 15 à 25 % du CA. Un investisseur qui vit sur place ou se déplace fréquemment peut gérer seul et récupérer ces points de rendement. C'est un arbitrage entre revenu et temps investi.

  

Le taux d'occupation de 90 % annoncé par certaines annonces est-il réaliste ?

 

Rarement. 90 % d'occupation, c'est du haut de gamme géré par des pros, sur des zones premium (centre Lisbonne pré-restrictions, Cascais premium, Algarve luxe). Sur du bien standard, l'occupation réaliste tourne entre 55 et 70 % selon la zone. Toute simulation qui part de 90 % d'occupation sur un bien courant est trompeuse.

  

Vaut-il mieux du saisonnier AL ou de la location longue durée à l'année ?

 

Ça dépend de la zone. Dans une ville universitaire comme Coimbra, la location longue durée offre un rendement net très proche du saisonnier avec beaucoup moins de gestion. Dans une zone très touristique comme l'Algarve, le saisonnier peut dégager 1 à 2 points de plus. Les modèles hybrides (étudiants + saisonnier) sont souvent les plus performants. La bonne réponse dépend du bien et de la zone, pas d'une règle générale.

  

Comment inclure les frais d'achat dans le calcul de rendement ?

 

Il faut calculer le rendement sur le budget total (prix d'achat + frais), pas seulement sur le prix d'achat. En 2026, les frais d'un non-résident représentent 11 à 14 % du prix. Ignorer ces frais surestime le rendement d'environ 1 point. Détails complets dans notre article sur les frais d'achat au Portugal.

  

Quel budget total prévoir pour un premier projet AL rentable ?

 

Sur du bien standard, un projet AL cohérent démarre autour de 180 000 à 250 000 € tout compris. En dessous, on tombe souvent sur des biens à rénover ou dans des zones peu demandées. Au-dessus de 400 000 €, le rendement net a tendance à baisser proportionnellement (les charges fixes ne montent pas au même rythme que le prix). La zone du rendement optimal se situe entre 200 000 et 350 000 €.

  

La plus-value à la revente compense-t-elle un rendement locatif modeste ?

 

Elle contribue significativement. Sur un marché qui a pris 17 % en 2025, un bien conservé 5-7 ans peut dégager une plus-value qui dépasse largement les revenus locatifs cumulés. Le rendement locatif seul ne raconte que la moitié de l'histoire. Il faut regarder le retour total : loyers nets + plus-value potentielle - impôts sur plus-value.

  

Le mot de la fin

  

Un rendement AL réaliste au Portugal en 2026 tourne entre 3 et 5 % net, avec des exceptions. Ce n'est ni un placement miracle ni un mauvais investissement, c'est un actif tangible qui combine rendement locatif modéré et potentiel de valorisation. Ce qui distingue les bons projets des mauvais, ce n'est pas le taux affiché mais la qualité du calcul en amont.

  

Le vrai risque, en AL comme ailleurs, n'est pas d'accepter un rendement modeste. C'est de croire à un rendement gonflé et de le découvrir faux une fois engagé. La prudence dans les hypothèses, c'est ce qui sépare les bons investisseurs des autres.

  

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