Acheter un bien immobilier au Portugal depuis la Suisse en 2026 : le guide complet
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- il y a 2 jours
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Investir dans l'immobilier portugais depuis la Suisse en 2026, ce n'est plus le placement exotique que c'était il y a dix ans. C'est une démarche mature, encadrée, avec ses règles propres qui diffèrent nettement de celles qui s'appliquent aux Français ou aux Belges. Fiscalité cantonale à intégrer, LPP à ne pas mal utiliser, représentant fiscal portugais obligatoire, transfert de fonds à structurer : chaque étape a ses spécificités suisses qu'il faut connaître avant de signer.
Cet article fait le tour complet du parcours d'un investisseur suisse au Portugal en 2026, avec les vraies contraintes suisses et les vraies opportunités. Notre équipe accompagne régulièrement des clients suisses et nous détenons nous-mêmes quatre biens en location saisonnière au Portugal, tout en gardant nos résidences en Suisse. Ce qui suit reflète ce qu'on voit sur le terrain, pas de la théorie.
Pourquoi un investisseur suisse regarde vers le Portugal
Trois raisons ressortent systématiquement des conversations que nous avons avec nos clients suisses. La première est le rendement. En Suisse, l'immobilier de rendement plafonne sous 3 % net pour les biens bien situés, avec une régulation croissante des loyers et une pression continue sur les prix qui rend l'entrée toujours plus difficile. Au Portugal, un bien saisonnier bien positionné peut délivrer 4 à 6 % net après charges et fiscalité, et un bien en location longue durée entre 3,5 et 5 %.
La deuxième raison est le ticket d'entrée. Un T2 correct à Cascais ou dans le Grand Porto coûte entre 300 000 et 400 000 € (soit environ 280 000 à 375 000 CHF au taux actuel autour de 0,93). C'est la moitié de ce que coûte le même bien à Nyon, Morges ou Zoug, et un tiers de ce qu'il coûterait à Genève ville. Pour beaucoup de Suisses, c'est la porte d'entrée la plus accessible sur l'immobilier locatif hors de leurs frontières.
La troisième raison est la qualité de vie et l'usage personnel. Un bien au Portugal peut servir de résidence secondaire d'usage direct (Algarve pour l'hiver, Coimbra ou Porto pour des séjours réguliers), tout en générant un revenu locatif le reste de l'année. Cette double fonction rendement plus usage personnel séduit particulièrement les profils qui commencent à préparer une retraite ou une semi-retraite.
Le cadre juridique : ce que la Suisse permet et ce qu'elle exige
Bonne nouvelle en préambule : contrairement à la Suisse et à sa Lex Koller qui restreint fortement l'achat par des étrangers, le Portugal n'impose aucune restriction aux acheteurs suisses. Un citoyen suisse peut acheter librement au Portugal, à titre personnel ou via une société, résidence secondaire ou bien locatif, sans autorisation particulière.
La Suisse, en revanche, exige de vous des obligations déclaratives strictes. Depuis l'entrée en vigueur de l'échange automatique d'information en 2017, l'administration fiscale suisse est informée automatiquement de vos avoirs et biens à l'étranger. Ne pas les déclarer n'est plus une option : c'est un délit qui expose à des rappels d'impôts avec intérêts et pénalités.
Concrètement, tout bien immobilier détenu au Portugal doit apparaître dans votre déclaration fiscale cantonale suisse, avec sa valeur, ses éventuelles dettes hypothécaires et les revenus locatifs qu'il génère. Cette déclaration modifie deux choses : le taux d'imposition appliqué à votre revenu global et votre patrimoine imposable au titre de l'impôt sur la fortune.
L'impact fiscal côté Suisse : ce que peu d'articles expliquent bien
C'est le point où l'immobilier au Portugal se distingue le plus des autres investissements francophones. La Suisse est l'un des rares pays européens à conserver un impôt sur la fortune, prélevé au niveau cantonal et communal, pas fédéral. Cet impôt change la donne pour un investisseur suisse.
L'impôt sur la fortune : votre bien portugais entre dans votre patrimoine imposable en Suisse. Il est déclaré à sa valeur vénale (valeur de marché), généralement le prix d'acquisition s'il est récent. Les dettes hypothécaires attachées au bien sont déductibles en tant que passifs. La valeur nette (bien moins dette) augmente donc votre fortune imposable en Suisse, avec un taux qui varie selon votre canton : Genève est parmi les plus taxés, Zoug parmi les plus doux.
Le mécanisme d'exemption avec réserve de progressivité : pour les revenus locatifs et la valeur elle-même, le mécanisme est le suivant. Le bien portugais et ses revenus sont pris en compte pour déterminer le taux d'imposition applicable à vos revenus et fortune suisses, mais l'impôt lui-même ne porte que sur vos éléments suisses. En d'autres termes, la Suisse ne réimpose pas votre bien portugais, mais le fait passer votre revenu suisse dans une tranche marginale plus élevée. L'effet réel varie fortement selon votre situation.
Exemple concret : un cadre genevois qui gagne 200 000 CHF de revenu annuel et dispose de 700 000 CHF de fortune en Suisse achète un bien à 350 000 CHF au Portugal (financé cash). Sa fortune imposable en Suisse passe à 1 050 000 CHF pour le calcul du taux, avec un impact d'impôt sur la fortune estimé entre 2 000 et 5 000 CHF supplémentaires par an selon les cantons. Si le bien génère 15 000 CHF de revenus locatifs nets, ceux-ci sont exemptés directement mais font monter le taux d'imposition appliqué à ses 200 000 CHF de salaire, avec un surcoût d'IR estimé entre 800 et 2 500 CHF selon la tranche marginale.
Ces montants sont à valider avec votre fiduciaire cantonale selon votre situation précise, mais l'ordre de grandeur permet de comprendre : l'impact fiscal suisse est réel, pas prohibitif, et à intégrer dans le calcul de rentabilité globale.
Les options de financement : quatre montages possibles
C'est probablement la partie qui distingue le plus l'investisseur suisse de ses homologues francophones. Vous avez quatre voies de financement possibles, chacune avec ses avantages et ses limites.
Option 1 : achat cash depuis liquidités suisses
Le montage le plus simple. Vous transférez les fonds depuis votre compte suisse vers le Portugal via un virement SEPA ou une plateforme de change spécialisée. Compte tenu du taux EUR/CHF actuel autour de 0,93, un bien à 300 000 € vous coûte environ 280 000 CHF au moment du transfert.
Point à ne pas négliger : le taux de change. Un transfert direct via votre banque suisse peut vous coûter 1 à 2 % de spread, soit 3 000 à 6 000 CHF sur une acquisition de 300 000 €. Les plateformes de change spécialisées (Wise, Revolut, IBKR) peuvent descendre à 0,3-0,5 %. Sur un gros transfert, l'écart est significatif.
Avantage : aucune contrainte de crédit, position d'acheteur cash appréciée par les vendeurs portugais, souvent avec un pouvoir de négociation renforcé. Inconvénient : mobilisation intégrale du capital, pas d'effet de levier, immobilisation des fonds pour la durée de détention.
Option 2 : crédit hypothécaire portugais
Les banques portugaises financent les non-résidents suisses à hauteur de 60 à 70 % du prix du bien, avec un apport personnel de 30 à 40 % hors frais. Les taux se situent entre 3,5 et 4,5 % en 2026, en variable indexé Euribor + spread ou en fixe selon les banques.
L'avantage majeur : le prêt est en euros, donc pas de risque de change sur les mensualités par rapport aux revenus locatifs eux aussi en euros. Vous êtes cohérent en devise. Pour un Suisse qui vise une location saisonnière ou longue durée au Portugal, c'est un point fort.
L'inconvénient : les banques portugaises examinent le dossier d'un non-résident suisse avec plus de prudence qu'un dossier local. Comptez 6 à 10 semaines d'instruction et l'exigence de documents traduits en portugais ou en anglais. Le NIF portugais et l'ouverture d'un compte local sont des préalables obligatoires. Notre article dédié détaille ces mécanismes : voir notre guide sur le crédit immobilier pour non-résidents.
Option 3 : crédit lombard suisse adossé aux avoirs
C'est un montage sous-utilisé qui mérite d'être connu. Si vous disposez d'un portefeuille de titres significatif (actions, obligations, ETF) chez une banque suisse, vous pouvez obtenir un crédit lombard : un prêt à taux préférentiel garanti par le nantissement de vos titres, avec un ratio LTV généralement entre 50 et 70 % de la valeur du portefeuille.
Les taux lombard suisses en 2026 tournent autour de 3 à 4 %, souvent en variable indexé au SARON + marge. Vous utilisez ce crédit en CHF pour acheter cash au Portugal, ce qui vous positionne comme acheteur en pleine liquidité tout en conservant votre portefeuille de titres investi. Vos titres continuent de générer leurs rendements pendant que vous êtes propriétaire.
Le vrai risque : le call de marge. Si vos titres nantis chutent significativement, la banque peut vous demander de renflouer la garantie ou de rembourser une partie du prêt en urgence. À manier avec un vrai portefeuille diversifié et un ratio LTV conservateur (40-50 %), pas à fond de manche. Sujet à discuter en profondeur avec votre banquier suisse.
Option 4 : hypothèque suisse sur un bien existant
Si vous possédez déjà un bien immobilier en Suisse (résidence principale, immeuble de rendement), vous pouvez souvent obtenir une augmentation d'hypothèque ou une nouvelle tranche de crédit adossée à ce bien, à des taux hypothécaires suisses (1,8 à 3,5 % actuellement). Les fonds ainsi débloqués peuvent servir à acheter au Portugal.
Avantage : taux plus doux que le crédit portugais, procédure connue de votre banque suisse, pas de complication administrative supplémentaire au Portugal. Inconvénient : votre patrimoine immobilier suisse devient partiellement lié à votre projet portugais, avec un risque cumulé si les deux marchés se retournent en même temps.
Le piège à éviter : LPP et 3e pilier pour un investissement locatif
C'est l'erreur la plus fréquente qu'on entend en appel découverte. "Je vais utiliser mon 2e pilier pour financer mon Airbnb au Portugal." Non. Cette utilisation n'est pas autorisée.
La loi suisse encadre strictement l'utilisation de la LPP (2e pilier) et du 3e pilier lié (3a) pour l'immobilier via le mécanisme d'Encouragement à la Propriété du Logement (EPL). Cette utilisation est réservée à l'acquisition ou aux travaux majeurs d'une résidence principale. Un bien locatif est explicitement exclu. Un bien de résidence secondaire aussi.
La seule situation où votre LPP peut servir pour un bien portugais, c'est si ce bien devient votre résidence principale, c'est-à-dire si vous déménagez au Portugal et y transférez votre domicile fiscal. Dans ce cas, l'EPL redevient accessible avec les mêmes règles qu'en Suisse (retrait minimum 20 000 CHF, plafond au-dessus de 50 ans, imposition à taux réduit sur le retrait, délai de 5 ans entre deux retraits).
Pour un investisseur suisse qui reste résident en Suisse et achète au Portugal pour du locatif ou du résidentiel secondaire, oubliez la LPP et le 3a. Ces capitaux restent bloqués jusqu'à leur usage autorisé ou l'âge de la retraite.
Le transfert de fonds vers le Portugal : ce qu'il faut anticiper
Le transfert d'une somme importante depuis un compte suisse vers un compte portugais implique plusieurs points techniques à préparer en amont.
La déclaration en douane : pour tout transfert de plus de 10 000 EUR (ou équivalent en autre devise) à l'entrée de l'Union européenne, une déclaration est théoriquement requise. En pratique, un virement bancaire de compte à compte n'est pas concerné par cette obligation, qui vise le transport physique d'espèces. Pas de démarche particulière côté douane si vous virez depuis votre banque suisse.
La justification bancaire : les banques portugaises exigent la justification de l'origine des fonds pour tout dépôt significatif, dans le cadre des règles anti-blanchiment. Prévoyez de fournir des relevés bancaires suisses, des attestations de vente d'actifs si les fonds proviennent d'une cession, ou une lettre explicative si la provenance est mixte (épargne accumulée, héritage, etc.). Un dossier bien préparé évite des blocages de fonds inutiles.
Le change EUR/CHF : comme évoqué, le choix du canal de change peut vous économiser 1 à 2 % du montant. Pour un transfert de 300 000 €, l'écart entre votre banque suisse et une plateforme spécialisée peut représenter 3 000 à 6 000 CHF. Ne négligez pas ce point sur les gros transferts.
La fiscalité portugaise à retenir
Le régime fiscal portugais pour un non-résident suisse s'articule autour de quatre impôts principaux, que nous détaillons dans notre article complet sur la fiscalité immobilière portugaise. Récapitulons les points essentiels pour un Suisse.
L'IMT à l'achat : depuis la loi Construir Portugal de 2026, un non-résident paie un taux unique de 7,5 % sur le prix d'achat pour un bien résidentiel. Sur un bien à 300 000 €, cela représente 22 500 € d'IMT à provisionner. Avec les autres frais (droit de timbre, notaire, avocat), le budget total tourne autour de 11 à 14 % du prix hors crédit. Détails dans notre article sur le budget réel d'acquisition.
L'IRS sur les loyers : 25 % sur les revenus nets en location longue durée (catégorie F), ou 8,75 % effectif en régime simplifié AL (catégorie B). Les baux longue durée peuvent bénéficier de taux réduits à 10-15 % depuis 2026.
L'IMI annuel : 0,3 à 0,45 % de la valeur patrimoniale du bien, soit généralement 500 à 900 € par an sur un bien à 300 000 €.
La plus-value à la revente : depuis la réforme 2026, 50 % de la plus-value nette est imposée au barème progressif portugais, avec un taux effectif entre 7,25 et 24 %. C'est bien plus favorable qu'auparavant.
Le représentant fiscal portugais : obligatoire pour un Suisse
Voici un point spécifique aux Suisses qui n'existe plus pour les résidents UE. La Suisse n'étant ni membre de l'UE ni de l'EEE, un résident fiscal suisse propriétaire d'un bien locatif au Portugal doit désigner un représentant fiscal portugais.
Le représentant fiscal est une personne physique ou morale résidant au Portugal qui reçoit les notifications de l'administration fiscale portugaise en votre nom, gère les déclarations et sert d'interlocuteur avec les Finanças. Ce service est proposé par des cabinets fiscalistes, des avocats spécialisés ou des services dédiés. Comptez 200 à 500 € par an pour cette prestation.
Ne pas désigner de représentant fiscal alors que vous êtes tenu de le faire vous expose à des amendes administratives et complique tous les remboursements de trop-perçu ou de TVA. C'est un poste à budgéter dès le premier appel avec votre fiscaliste portugais.
Simulation chiffrée : cas type d'un cadre lémanique
Prenons un cadre résidant à Nyon, revenu annuel 180 000 CHF, fortune préexistante 500 000 CHF, qui achète un T2 à Cascais pour 320 000 € (soit environ 298 000 CHF au taux de 0,93) en 2026, financé cash, mis en location saisonnière avec un CA prévisionnel de 22 000 €/an.
Investissement initial :
Prix du bien : 320 000 € (298 000 CHF)
Frais totaux à l'acquisition (~12 %) : 38 400 € (35 700 CHF)
Total budget : 358 400 € (333 700 CHF)
Revenus annuels :
CA saisonnier : 22 000 € (20 460 CHF)
Charges opérationnelles (~35 %) : 7 700 €
IRS portugais catégorie B (8,75 % du CA) : 1 925 €
IMI annuel : 700 €
Représentant fiscal portugais : 400 €
Résultat net portugais : environ 11 275 € (10 486 CHF)
Impact fiscal côté Suisse (estimation) :
Surcoût impôt sur la fortune (canton de Vaud) : environ 2 500 CHF
Surcoût IR par effet du taux applicable : environ 1 200CHF
Résultat net final annuel : environ 6 786 CHF, soit un rendement net de 2,03 % sur le budget total.
À première vue modeste, ce chiffre doit être complété par la composante plus-value. Sur un marché portugais qui a pris 17 % en 2025, un investissement conservé 5-7 ans peut voir sa valeur croître de 40 à 60 %. La plus-value dégagée à la revente s'ajoute alors au rendement locatif pour donner un retour total nettement supérieur. C'est cette double composante rendement plus valorisation qui fait l'intérêt réel du placement.
Comment nous accompagnons les investisseurs suisses
Notre approche pour un client suisse coordonne plusieurs maillons spécifiques qui n'existent pas pour un investisseur français ou belge. Nous commençons par un cadrage global qui intègre votre fiscalité cantonale actuelle, votre patrimoine existant et vos options de financement suisses ou portugaises. Ce cadrage se fait en coordination avec votre fiduciaire cantonal si vous en avez un.
Nous validons ensuite la faisabilité du projet côté Portugal : zone, type de bien, licence AL éventuelle, projection de rentabilité intégrant l'impact fiscal suisse. Cette validation se fait avant l'engagement, pas après. Nous coordonnons également la mise en relation avec un représentant fiscal portugais et un avocat partenaire indépendant, sans lien avec le vendeur, dont les honoraires sont intégrés à notre pack complet à partir de 3 % du prix du bien.
Enfin, nous assurons la coordination du transfert de fonds (choix du canal de change, justification de l'origine des fonds) et le suivi post-acquisition, en particulier pour la mise en place des obligations déclaratives en Suisse et au Portugal. La gestion locative et la rénovation éventuelle sont proposées en packs additionnels. Nos packs d'accompagnement couvrent cette dimension globale, du premier appel jusqu'à la première déclaration IRS et IR-CHF.
FAQ : questions fréquentes des investisseurs suisses
Un résident suisse peut-il acheter librement au Portugal ?
Oui, sans aucune restriction. Contrairement a la Suisse et à sa Lex Koller qui restreint les acheteurs étrangers, le Portugal permet à tout Suisse d'acquérir un bien à titre personnel ou via une société, résidence secondaire ou locative. Le NIF portugais et l'ouverture d'un compte local sont les seules formalités préalables.
Faut-il déclarer un bien portugais dans sa déclaration fiscale suisse ?
Oui, obligatoirement. Depuis l'échange automatique d'informations entré en vigueur en 2017, l'administration suisse est informée automatiquement de vos avoirs et biens à l'étranger. Le bien portugais entre dans votre fortune imposable en Suisse, avec un impact sur le taux d'impôt applicable à vos revenus et à votre fortune globaux, selon les règles cantonales.
Puis-je utiliser mon 2e pilier LPP pour acheter au Portugal ?
Non pour un bien locatif ou une résidence secondaire. L'Encouragement à la Propriété du Logement (EPL) est réservé à l'acquisition d'une résidence principale, en Suisse ou à l'étranger. Un bien locatif est explicitement exclu. La seule situation où votre LPP peut servir pour un bien portugais, c'est si vous devenez résident au Portugal et y transférez votre domicile principal.
Vaut-il mieux emprunter au Portugal ou en Suisse ?
Cela dépend de votre situation. Le crédit portugais offre l'avantage d'être en euros, cohérent avec vos revenus locatifs en euros, sans risque de change. Le crédit lombard suisse ou l'augmentation d'hypothèque sur un bien suisse existant offrent souvent des taux plus doux, mais introduisent un risque de change entre CHF et EUR. Le bon arbitrage se fait en fonction de votre patrimoine existant, de votre tolérance au risque de change et de la stratégie de rentabilité visée.
Faut-il désigner un représentant fiscal au Portugal ?
Oui, obligatoirement pour un résident fiscal suisse propriétaire d'un bien locatif. La Suisse n'étant ni UE ni EEE, cette obligation qui a été supprimée pour les résidents UE en 2022 reste en vigueur pour les Suisses. Coût annuel : 200 à 500 €. Non-désignation expose à des amendes et complique les procédures administratives.
Comment gérer le taux de change EUR/CHF sur mon transfert ?
En 2026, le taux tourne autour de 0,93. Sur un transfert de 300 000 €, l'écart entre votre banque suisse (spread 1 à 2 %) et une plateforme de change spécialisée (spread 0,3 à 0,5 %) peut représenter 3 000 à 6 000 CHF. Sur les gros transferts, comparez les canaux. Pour les revenus locatifs, laisser en euros sur un compte portugais évite les conversions récurrentes coûteuses.
Quel impact concret sur mon impôt sur la fortune en Suisse ?
Votre bien portugais entre dans votre fortune imposable au titre de sa valeur vénale, moins les dettes hypothécaires. Le surcoût d'impôt sur la fortune dépend fortement de votre canton : Vaud, Genève et Neuchâtel sont parmi les plus taxés, Zoug, Nidwald et Schwyz parmi les plus doux. Comptez entre 0,2 et 1 % de la valeur nette du bien par an selon votre canton et votre tranche de fortune.
Le régime RNH portugais peut-il m'intéresser si je m'installe au Portugal ?
Non pour les nouveaux arrivants. Le RNH classique a pris fin le 31 décembre 2024, il est remplacé par l'IFICI, très restrictif et réservé aux chercheurs, professeurs ou cadres d'entreprises innovantes certifiées. Un Suisse qui envisagerait de s'installer au Portugal en 2026 tomberait sous le régime de droit commun avec les taux progressifs portugais standards de 12,5 % à 48 %.
Le mot de la fin
Investir au Portugal depuis la Suisse en 2026 est parfaitement faisable et peut être fiscalement cohérent, à condition d'intégrer les spécificités suisses dès le début. La fiscalité cantonale sur la fortune, les restrictions d'usage de la LPP, le représentant fiscal obligatoire, le choix du canal de change et l'arbitrage sur le financement sont les cinq points qui différencient un investisseur suisse d'un investisseur français ou belge.
Bien piloté, l'investissement portugais offre à un Suisse un rendement supérieur à celui accessible sur le marché domestique, une diversification géographique, et une composante plus-value dopée par un marché immobilier portugais qui reste porteur. Mal piloté, il génère des surcoûts fiscaux évitables des deux côtés de la frontière et des tensions administratives inutiles. La différence tient dans la préparation en amont et l'accompagnement de partenaires qui maîtrisent les deux fiscalités.
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